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Le groupe LEPAGE face aux exigences du Nucléaire: anticipation, formation et culture Sécurité.

15.07.2020

Le groupe LEPAGE intervient depuis de longues années déjà sur le site de la centrale nucléaire d’Engie à Tihange. Les arrêts programmés des trois unités sont planifiés de longue date et requièrent un niveau de préparation exceptionnel. Aux exigences de réactivité que nous avons pu évoquer dans des articles précédents ( Inovyn / Tréfimétaux) vient s’ajouter une autre forme de défi. Il s’agit en l’occurrence pour les collaborateurs LEPAGE d’être parfaitement préparés, organisés et aptes à travailler dans l’environnement sans doute le plus sécurisé que nous connaissons.

Grégory BRUYLANTS (Business Unit Manager Nuclear) décrit le contexte de notre intervention sur Tihange 3 au début de ce mois de juin: « La révision du troisième réacteur de Tihange a commencé en juin. Elle va se prolonger pendant plusieurs mois et nous serons présents tout au long de cet arrêt. Nous avons le privilège et la responsabilité d’être les premiers à intervenir. Le projet qu’ENGIE nous a confié est sur le chemin critique de l’arrêt du réacteur, ce qui veut dire qu’il peut avoir un impact sur la durée globale de celui-ci. »

Un projet qui, en soi, ne s’avère pas vraiment compliqué puisqu’il s’agit de démonter des gaines de ventilation, installées il y a plusieurs années par des équipes LEPAGE déjà, mais les conditions de travail à Tihange sont particulièrement exigeantes. David LEVAUX, Senior Project Manager, résume les données de contexte pour nous: « ENGIE et le groupe LEPAGE ont une relation de collaboration de longue date et nous voulons absolument rester un partenaire de confiance pour nos clients, c’est évident. La spécificité de notre intervention à Tihange repose sur la capacité à mettre en place une grosse équipe – 35 personnes au total – pour fonctionner en continu durant un laps de temps très court. Le chantier était prévu du 9 au 11 juin – soit quarante heures d’intervention – et il est essentiel de respecter le planning, sans prendre le moindre risque sur le plan de la sécurité. Tous les briefings des chefs de chantier sont gérés en amont – la vidéoconférence nous a été bien utile pour y parvenir ! – et toutes les procédures administratives ont été gérées avant d’entamer quoi que ce soit pour être en ordre de marche le jour J. »

Dans le cas présent, la collecte de données dans nos archives et auprès des collègues qui avaient géré l’installation lors de son montage a été précieuse. David LEVAUX reprend: « Les locaux sont inaccessibles avant l’intervention. Pas de diagnostic préalable donc! La phase de récolte des infos était importante. Elle nous a permis de définir différents scenarii et d’éviter d’être pris par surprise lorsque nous ‘ouvrons’ le chantier’. » Et d’intégrer par ailleurs la dimension de sécurité, au cœur de toutes les activités de la centrale de Tihange. « La coordination Sécurité est prioritaire, cela va de soi. Tous les intervenants sur le site doivent suivre et réussir la formation Culture Sûreté délivrée par ENGIE avant d’être autorisés à pénétrer sur le site. Tous nos collègues ont ensuite reçu une boîte à outils  – dit Toolbox – Sécurité, adaptée aux travaux programmés et aux contraintes spécifiques liées au COVID-19 également. »

Un principe simple: la vigilance partagée.

Mikaël MELCHIONDA, intervenu en tant que chef de chantier, revenait à Tihange pour la première fois depuis très longtemps. Il confirme la place essentielle de la dimension Sécurité dans ce type de projet.  « A titre personnel, je pense que nous avons tous beaucoup à apprendre de la manière de procéder à Tihange. La sécurité n’y a pas de prix. L’environnement est très différent des autres, très ‘procédurier’ dans le bon sens du terme… Ce que je retiens, c’est tout le temps consacré à la communication. Les interventions prévoient énormément de points de contrôle et d’arrêt avec le client, de moments qui sont consacrés à la vérification et au dialogue. Les travaux mais aussi les accès, les pauses, la circulation… tout est passé au filtre de la sécurité. Aussi, pour travailler efficacement dans cet environnement, il faut être rigoureux bien sûr mais il faut aussi avoir une communication fluide. Ce sont des compétences précieuses auxquelles on ne pense pas forcément, à priori pour des interventions aussi ’simples’ qu’un démontage. »

Les équipes doivent donc s’habituer aux échanges fréquents avec les responsables des installations chez ENGIE. André VERKEMPINCK, membre de l’équipe en charge du démontage et fort de son expérience de près de 25 ans sur le site de Tihange, confirme: « C’est très différent en effet. Pas question de jouer avec la sécurité car on s’exclut soi-même dans ce cas-là. Ce que je remarque, c’est qu’il y a vraiment de la place pour le dialogue. Il y a un vrai échange qui est rendu possible car le temps planifié pour les travaux le prévoit. Personne n’essaie de gagner du temps avec le risque de négliger la sécurité. On applique les consignes en respectant toutes les procédures à la lettre. Certains travailleurs trouvent parfois que c’est trop lent, trop administratif… Au fil des années, j’ai compris que cela fait partie de la culture de l’entreprise et je trouve cela très efficace finalement.»

Effectivement, malgré les enjeux économiques, la pression ressentie par les travailleurs est vécue positivement par nos équipes. Mikaël MELCHIONDA explique : « Toutes les phases de préparation et de dialogue créent un environnement de travail très rassurant. Le stress est réduit et je trouve que ce sont des conditions idéales pour apprendre et exercer son métier. On prend le temps de poser les bonnes questions et personne n’est jamais livré à soi-même. Le principe de base qui est d’application sur toutes les tranches, c’est la vigilance partagée. Nous sommes tous responsables les uns des autres. Cela créé une dynamique d’entraide et de solidarité que nos équipes apprécient vraiment. »

Préparer les prochaines étapes

La culture de sécurité et d’anticipation des risques en vigueur sur le site de la centrale nucléaire n’élimine pas pour autant les difficultés qui peuvent apparaître sur un chantier, quel qu’il soit. L’accès au bâtiment était impossible avant le démarrage du travaux alors que les installations sont soumises à des conditions exigeantes en matière de température et d’humidité. André VERKEMPINCK parle d’expérience: « Un chantier de démontage, on ne sait jamais comment cela va se présenter concrètement. Mais notre expertise permet de ‘prédire’ ce que l’on va rencontrer et de se méfier des pièges. Nous n’avons pas eu de grosses surprises et en évacuant les éléments démontés au fur et à mesure, nous avons pu éviter les soucis. »

David LEVAUX pointe encore les problèmes liés à l’accès au chantier : « Notre intervention était prévue dans un endroit peu accessible. Il n ‘y a qu’un seul accès sous le toit. Il a fallu tout évacuer avec l’aide d’une grue au sol. Ce n’est pas commun mais cette première partie s’est déroulé sans le moindre accroc. »

La deuxième phase du chantier reste donc prévue pour septembre, ce qui laisse tout le temps nécessaire pour évaluer l’état des matériaux qui pourront être remontés ou pas.

Ces décisions sont bien sûr prises en concertation entre ENGIE et LEPAGE. Mikaël MELCHIONDA, en première ligne sur ce point, illustre le propos : « Quand une tuyauterie n’est pas en bon état, les décisions sont très faciles à prendre à Tihange. Aucun risque. Le remplacement s’impose. Il en va de même pour les outils que nous utilisons. Les certificats et documentations doivent toujours être disponibles. Tout doit être parfait. »

Mobilisation exceptionnelle

Le dispositif mis en place par LEPAGE afin de répondre aux impératifs de l’arrêt du réacteur est à la hauteur des enjeux. Gregory BRUYLANTS explique : « Le groupe LEPAGE est souvent sollicité pour des travaux complexes en ce qui concerne le timing à respecter. Pourquoi? Parce que nous sommes capables de réunir et de prévoir des équipes complètes, bien formées, avec en outre la possibilité de les renforcer encore en cas d’imprévu. LEPAGE peut rapatrier rapidement des collaborateurs compétents, prêts à intervenir si nous devions faire face à des besoins nouveaux. »

Bien entendu, cela contribue à instaurer une relation de confiance importante avec les clients du groupe. « Certainement ! » poursuit Grégory BRUYLANTS. « Notre force consiste à mobiliser un nombre important de collègues, avec tout le soutien des équipes RH et du Dispatching. Trouver et former le personnel adéquat, c’est un atout concurrentiel majeur. Réunir 35 travailleurs pour une intervention prévue sur 40 heures, réaliser tout le travail de préparation des procédures, accepter le travail de nuit… Tout ceci serait impossible si nous ne pouvions nous appuyer sur la flexibilité de nos collègues. C’est l’occasion pour moi ici de les remercier, une fois de plus! ».

David LEVAUX abonde dans le même sens : « ENGIE nous a demandé de tout mettre en œuvre pour assurer le respect des délais. Donc, on s’adapte et on s’organise en conséquence. Les équipes ont été réparties en 3 pauses, chacune supervisée par un chef de chantier et trois brigadiers pour coordonner l’ensemble. Le personnel a accepté le travail de nuit et tous ces efforts sont récompensés par le feedback que nous transmet le client. Le chantier est terminé dans les délais et correspond en tous points aux attentes puisque nous n’avons pas dû ré-intervenir. Cela nous permet de préparer notre retour sur ce chantier en septembre dans les meilleures conditions. »

Le remontage des gaines de ventilation est dans le planning du mois de la rentrée de septembre: « Nous voulons sans cesse démontrer à nos interlocuteurs chez ENGIE que nous sommes capables de nous mobiliser pour prendre en charge des projets complexes », conclut Grégory BRUYLANTS. « Cela entre dans notre stratégie de diversification, bien sûr, et cela contribue à renforcer encore notre réputation ainsi que la valeur ajoutée que nous apportons à nos clients. La clé de voûte de cet édifice, cela reste la qualité de nos équipes, cela ne fait aucun doute.»

 

Le groupe LEPAGE entame sa prochaine phase de développement avec une nouvelle direction générale et une gouvernance renforcée.

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